Les scientifiques souligne l’importance d’arriver à zéro émission

Une session de la conférence « Notre avenir commun face au changement climatique »
Une session de la conférence « Notre avenir commun face au changement climatique »

Le résultat de la conférence « Notre avenir commun face au changement climatique » souligne que la meilleure défense des 2 degrés Celsius est d’arriver à zéro émission d’ici la fin du siècle

Les scientifiques réunis lors d’une importante réunion internationale à Paris ont déclaré que l’humanité doit atteindre l’état de « zéro émissions » de gaz à effet de serre d’ici la fin de ce siècle pour maintenir la hausse de la température moyenne mondiale à 2 ° Celsius maximum.

Dans une déclaration commune à la fin de la conférence Notre Avenir Commun Face au Changement Climatique, les scientifiques ont conclu que le monde avait besoin de parvenir à une vision à long terme de la neutralité climatique et de saisir les avantages évidents des énergies propres et du développement durable afin de rester en dessous de cette ligne de défense de 2 °contre les pires impacts du changement climatique.

Pendant la session de clôture, Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a rendu hommage au travail rigoureux de la communauté scientifique, qui a joué un rôle essentiel d’alerte, au-delà du constat diagnostique, lançant « un appel au sursaut mondial en définissant ce qui est le triangle de base du savoir climatique, avec ses trois côtés. Le premier coté, c’est le fait que les conséquences de l’inaction seraient irréversibles et dévastatrices. Le deuxième coté, c’est qu’il est encore possible d’agir. Et le troisième coté, c’est qu’il y a grande urgence. »

Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, a accueilli leur déclaration de clôture et a commenté que «les plus éminents chercheurs du monde sur le climat viennent de souligner l’importance cruciale pour les nations de se concentrer sur un objectif à long terme – appelé « zéro émission » ou neutralité climatique. Selon ce consensus écrasant, Paris 2015 doit envoyer le signal sans équivoque que le monde se dirigera vers une baisse profonde et abrupte de la pollution due aux gaz à effet de serre d’ici la seconde moitié du siècle.

« Vous avez identifié les dangers et les défis à venir, ainsi qu’une feuille de route permettant de les contourner, » a déclaré Flavia Schlegel, Sous-Directrice générale pour le Secteur des sciences exactes et naturelles de l’UNESCO, en remerciant les participants pour leurs contributions. « Grâce à vos idées, votre vision et vos recommandations, nous sommes encore plus convaincus qu’il existe un chemin viable. Y compris pour les populations les plus vulnérables au changement climatique. »

L’appel des grands scientifiques se fait entendre à moins de cinq mois de la conférence de l’ONU sur le changement climatique à Paris, où les gouvernements devront aboutir à un nouvel accord universel sur le changement climatique.

Ce dernier vise à mettre le monde sur la voie stable d’un pic précoce des émissions mondiales, suivi par un déclin très rapide amenant à l’objectif de réduction des émissions nettes à zéro.

La déclaration commune de la conférence indique:

« Étant donné que le réchauffement induit par le CO2 se poursuit pendant plusieurs siècles, toute limitation de celui-ci à une température maximale implique que les émissions de CO2 doivent finir par retomber à zéro. Il y a deux chances sur trois de pouvoir contenir le réchauffement à 2°C ou moins si on limite les émissions de CO2 à 900 milliards de tonnes, soit près de 20 fois la quantité émise pendant la seule année 2014. Pour limiter le réchauffement à 2 °C, les émissions devront être nulles, voire négatives, à la fin du 21e siècle ».

Le président du Comité scientifique de la réunion de Paris, et directeur du Département d’écologie globale de l’Institut Carnegie (USA), Chris Field a déclaré:

« Nous entrons dans une ère post-carbone, où l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à leurs effets sont associés à d’autres objectifs pour construire un avenir durable ».

Laurence Tubiana, ambassadrice française pour les négociations de l’ONU sur le changement climatique, a ajouté:

« Les scientifiques travaillent avec de nombreux partenaires au développement de stratégies à long terme, à l’échelle des villes, des filières économiques comme l’agriculture, et des économies nationales, en s’attachant particulièrement à rendre les solutions opérationnelles. Nous avons besoin que la COP21 soit la réponse politique à ce travail et qu’elle montre que la transition vers une économie décarbonée et résiliente au changement climatique est non seulement nécessaire, mais qu’elle est aussi réalisable (politiquement, économiquement et technologiquement), et même pour aller plus loin, qu’elle est inévitable et déjà en cours ».

Lors de la conférence, l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie Fatih Birol a remarqué que non seulement les visions, mais les objectifs spécifiques seront critiques pour que les émetteurs de gaz à effet de serre comme le secteur de l’énergie se fixent des objectifs ambitieux, comprenant entre autres le pic des émissions d’ici à 2020.

Environ 2000 scientifiques de près de 100 pays ont assisté à la conférence scientifique de Paris, qui a présenté des solutions basées sur des preuves concrètes pour à la fois réduire les émissions et bâtir des économies résilientes.

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